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Critique : source : http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/je-sais-pas-trop/
Solo
à deux. Mano Solo respire un bon coup, le coeur hors du caniveau, et
découvre un genre nouveau : la chanson d’amour. Y a-t-il davantage de
détresse à mourir du sida que d’une rupture d’anévrisme ? Et que nous
dit Mano Solo ? “Les gens m’aiment parce que j’ai mal/Les gens m’aiment
parce que […]
Y a-t-il davantage de détresse à mourir du sida que d’une rupture d’anévrisme ? Et que nous dit Mano Solo ? “Les gens m’aiment parce que j’ai mal/Les gens m’aiment parce que je meurs à leur place” : quelle est cette mort annoncée qui, suprême illusion, rend la nôtre vague et lointaine ? Et, plus précisément, qu’est-ce qu’un écrivain, punk d’occasion, et artiste sidéen en trithérapie, peut nous annoncer de cette disparition qui vient en chantant ? Concédons au chanteur le droit de dire son sida : au-delà des vapeurs de coquette (1995 : Je ne chanterai plus sur scène, 1997 : J’occupe l’Eldorado), il nous offre un discours irraisonné, jaillissant, non convenu et excessif. Forcément excessif. Naturellement, face à ces musiques arrachées au temps qui passe, le serpent se mord la queue : Mano Solo est-il, avant tout, chanteur, malade, ou l’un parce que l’autre ? Et comment recevoir des chansons qui n’existent que par la vertu (sic) d’une saleté rongeante ?
Mano Solo ne répond pas à ces questions : il est ailleurs et, en 1997, enregistre Je sais pas trop. Humainement, c’est une nouvelle émouvante. Artistiquement, ce troisième opus démontre, et c’est heureux, qu’il y a une inspiration après le sida. Rodées au début de l’été sur la très parisienne scène de l’Eldorado, mais aussi à Strasbourg ou Lyon, et partiellement enregistrées sur la même, les chansons s’extirpent enfin du caniveau, de ce sordide où s’est trop souvent complu le chanteur par le passé, pour faire des claquettes sur le trottoir.
Et lorsqu’il rugit comme un lion fatigué, mais debout, des imprécations dignes d’un Léo le Magnifique (“Allons-nous longtemps laisser les urnes/ Se remplir de peste brune”, en réminiscence d’Ils ont voté), Mano Solo prend enfin à bras-le-corps son théâtre chanté, pour l’entraîner vers les rivages du combat humain. Il déambule dans ses excès, et le romantisme induit, aux confins de l’art visionnaire d’Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Vivent ?
| 1. Te souviens tu | |
| 2. Les fees | |
| 3. La liberte | |
| 4. Sens tu | |
| 5. Le drapeau | |
| 6. Ca n a pas marche | |
| 7. Janvier | |
| 8. Il m arrive encore | |
| 9. Que reste t il a vivre | |
| 10. Je suis venu vous voir | |
| 11. C est plus pareil | |
| 12. Novembre |

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